Rôle et formation

Le rôle, et donc la formation des ambulanciers, dépendent de l'organisation des secours dans le pays. On distingue globalement deux cas :

  • les pays où la médicalisation est fréquente, et décidée dès l'appel téléphonique, c'est typiquement le cas des pays ayant développé un Samu (comme la France et la Belgique) : le rôle des ambulancier est essentiellement le transport d'une victime stabilisée (c'est-à-dire dont l'état est peu susceptible d'évoluer dans l'heure qui suit)ou non stabilisée, si la victime n'est pas stable, ils sont assistés d'une équipe médicale suivant la régulation (transmission des informations) avec un médecin du samu;
  • les pays où la médicalisation est rare ou inexistante, le médecin est appelé en renfort par l'ambulance, ou dans quelques cas est envoyé en première intention (cas des pays anglo-saxons, de l'Europe du Nord et de la Suisse) : les ambulanciers se voient déléguer des gestes médicaux pour pouvoir transporter des victimes instables (paramedics).

On a donc deux types d'ambulanciers :

  • ceux ayant une formation de secourisme, qui peuvent transporter les victimes stables ou assister les médecins ou les paramedics : leur formation dure entre 100 et 500 heures
  • les paramedics qui se voient déléguer des gestes médicaux sur protocole (intubation, pose d'une perfusion, administration de médicaments), et dont la formation dure de 900 à 3 000 heures.

Ambulanciers en France

Le conducteur

Le conducteur est simplement titulaire du permis de conduire (il ne doit plus être jeune conducteur, c'est-à-dire avoir son permis depuis plus de 3 ans, ou 2 ans s'il a fait la conduite accompagnée) et être déclaré apte à une visite médicale préfectorale (article R221-10 alinéa III du code de la route). Il est en outre titulaire de l'attestation de formation aux premiers secours (AFPS, 10 h de formation), le diplôme de secourisme de base.

Il peut conduire une ambulance (véhicule permettant le transport allongé, véhicule dit de « catégorie A » ou « C » au sens du décret n°87-965 du 30 novembre 1987 relatif à l'agrément des transports sanitaires terrestres) en équipe avec une personne possédant le Certificat de capacité d'ambulancier, ou bien conduire seul un véhicule sanitaire léger (VSL, véhicule dit de « catégorie D »), c'est-à-dire une voiture (sans avertisseur spécial) permettant le transport sanitaire assis d'un patient autonome ou demandant une assistance légère.

L'ambulancier

L'ambulancier diplômé est un paramédical du secteur médico-technique.

L'ambulancier est titulaire du Certificat de capacité d'ambulancier (CCA), une formation comprenant :

  • du secourisme, à un niveau similaire au CFAPSE (il n'existe pas d'équivalence), plus des notions médicales complémentaires ; l'ambulancier est avant tout un paramédical formé au secourisme ;
  • des notions d'hygiène et de désinfection du véhicule, de prise en charge de conditionnement et de surveillance des patients en fonction de leur pathologie, utilisation de différents appareils de surveillances et de diagnostics,
  • des notions de droit, concernant le transport sanitaire et l'admission aux urgences,
  • la déontologie du métier d'ambulancier.

Cela représente un enseignement théorique de 160 h, assorti de deux stages (12 jours en milieu hospitalier et 13 jours chez un ambulancier privé).

Ce Certificat de capacité d'ambulancier est sanctionné par un examen de mise en situation ainsi que d'un questionnaire poussé. Le jury est généralement composé du directeur départemental du samu, de médecins spécialistes et d'un officier de la sécurité civile.

Rôle des ambulances privées

Les ambulances privées sont des entreprises privées agréées pour le transport sanitaire, et qui emploient des conducteurs d'ambulance et du personnel médico-technique (CCA). Elles assurent le transport des patients de leur domicile vers les structures de soin et des structures de soins à leurs domiciles (transport dits primaires) sur prescription médicale (les transports sont remboursés par l'Assurance maladie) ; cela comprend entre autres les interventions chirurgicales programmées, les soins récurrents (dialyse, chimiothérapie, radiothérapie...). Ils se chargent aussi des transports entre les structures de soin (transports dits secondaires).

Les ambulanciers privés participent aux secours publics ; les entreprises mettent à tour de rôle des équipages à la disposition du Samu qui peut les envoyer à domicile pour des évacuations (transports primaires) vers les urgences des hôpitaux ; il ne font pas d'intervention sur la voie publique. Ce sont normalement les seuls à pouvoir effectuer un transport sans le consentement du malade (hospitalisation sur la demande d'un tiers ou hospitalisation d'office), mais en cas de carence d'ambulanciers, le Samu peut envoyer à la place un véhicule de secours et d'assistance aux victimes (VSAV) des sapeurs-pompiers.

Les ambulances privées sont des « véhicules d'intérêt général bénéficiant de facilités de passage » (art. R311-1 du code de la route, véhicule de catégorie B selon l'arrêté du 10 juin 1998 NOR : EQUS9800722A).

Ils sont munis d'avertisseurs spéciaux qui peuvent être actionnés lorsque la mission est urgente :

  • feux bleus à éclat (flashs) (art. R313-27 du CR et arrêté du 30 octobre 1987 NOR : EQUS9800722A) ;
  • avertisseur sonore (sirène) à trois tons (pin-pon-pin...pin-pon-pin) (art. R313-34 du CR et arrêté du 30 octobre 1987).

Les articles R432-2 et 3 du code de la route leur donne des dérogations lorsque les avertisseurs spéciaux sont activés, lorsque l'urgence de la mission le justifie et à condition de ne pas mettre la sécurité des autres usager en péril, sur les points suivants :

  • usage des avertisseurs sonores (klaxon et sirène) et lumineux (appels de phare et feux à éclat) ; l'usage des avertisseurs est normalement restreint à l'évitement des accident ;
  • dépassement des vitesses limites ;
  • sur voie express et autoroute : stationnement, circulation sur la bande d'arrêt d'urgence, marche arrière et demi-tour ;

Organisation de la garde ambulancière

La garde ambulancière est organisée dans chaque département par l'Association départementale des transports sanitaires d'urgence (ATSU ou ADTSU), une association regroupant les entreprises privées d'ambulance. L'équilibre financier de l'entreprise lors d'une garde est assuré par le paiement des transports effectués par la Sécurité sociale, ainsi que par la paiement d'un forfait horaire pour compenser le fait qu'une entreprise ne peut — normalement — pas prendre une course non urgente durant sa garde. L'employé est quant à lui rémunéré 12 heures tarif jour moins un coefficient (paiement des heures travaillées et compensation de l'astreinte selon l'accord cadre du 4 mai 2000 convention collective.

Depuis 2003, les entreprises d'ambulance peuvent mettre à disposition une personne au Centre 15 (CRRA) après accord entre l'ATSU et le samu, afin de gérer les demandes de transport sanitaire dans le cadre de la garde. Ceci permet de dégager le médecin régulateur de cette tâche, et permet de réduire les recours aux sapeurs-pompiers pour carence d'ambulance. Ce dernier point illustre les tensions entre les différents acteurs de l'urgence (voir aussi Secourisme en France > Polémique autour des évacuations).

Source : Wikipedia.fr