Acupuncture : Histoire, définition, explications
Par Annuaire Maladies, lundi 22 mai 2006: Prévention et traitements
L'acupuncture (du latin acus, « aiguille » et de pungere, « piquer »).Les Chinois considéraient l'acupuncture comme une méthode de santé apte à stimuler les défenses et l'équilibre du corps. Elle est fondée sur la théorie que le corps véhicule un flux constant de force vitale électromagnétique par un réseau de "méridiens". On insère des aiguilles en des points spécifiques des méridiens pour stimuler ou disperser le flux afin de corriger un déséquilibre. L'acupuncture traite chaque patient comme un cas unique.

Histoire de l'Acupuncture
En Inde son utilisation est mentionnée il y a environ 5000 ans dans l'Ayurveda (traité de médecine Ayurvédique) et elle reste utilisée de nos jours en médecine traditionnelle indienne.
Il est à noter qu'en Europe, on a retrouvé en 1991 dans un glacier situé à cheval sur l'Italie et la Suisse un corps congelé, et relativement bien conservé d'un homme baptisé Ötzi par les scientifiques. Cet homme, conservé dans les glaces pendant 5300 ans (et ayant donc vécu vers -3300 environ), porte sur son corps des tatouages précisément localisés sur des zones correspondant aux points d'énergie décrits par la médecine chinoise. Cela tendrait à démontrer que ces zones étaient également connues en Europe à cette époque, et utilisées pour la poncture (ou la cautérisation comme c'est le cas de nos jours encore en Afrique du Nord, dans le Moyen et le Haut-Atlas).
Le papyrus d'Eber (Eber 854a), qui date de -1500, en pleine Égypte antique et visible au British Museum, donne une représentation de canaux dans lesquels circule un fluide (sang ou énergie) et appelés metu.
La littérature traditionnelle chinoise mentionne l'acupuncture à partir du Huangdi Neijing Suwen Lingshu qui est une compilation des connaissances médicales datée de la période dite Zhanguo (Royaumes combattants, -475 à -221). Le Huangdi Neijing constitue la source historique la plus ancienne, bien que seules des éditions postérieures à sa période de rédaction supposée aient été retrouvées. L'acupuncture et la théorie des méridiens sont décrits dans certains des ouvrages datant du début de la dynastie Han (-168, soit 50 ans environ après la fin des Zhanguo) trouvés dans une tombe des Han (Mawangdui, 1973-75), qui constituent les ouvrages les plus anciens qui nous soient parvenus à ce jour.
Des techniques similaires sont également utilisées par les Inuits, par des tribus amazoniennes, ainsi que dans le Haut et le Moyen Atlas.
L'acupuncture fut interdite en 1822 par l'empereur chinois et supprimée du programme du Collège Médical Impérial. Mais elle survivra, à cause de la croyance en son efficacité. Mao Zedong essaiera lui aussi d'éliminer cette pratique, sans doute à cause de ses fondements Taoïstes. Aujourd'hui l'acupuncture est en passe d'être plus pratiquée hors de Chine, en France, en particulier, et à Taipei où se sont réfugiés les professeurs traditionnels de l'acupuncture à l'arrivée au pouvoir de Mao. La Chine actuelle utilise encore l'acupuncture mais une grande partie des points d'acupuncture ont varié, la notion de circulation de l'énergie « Ch'i » ou « Qi », étant un concept très fluctuant, parlant de méridiens classiques, mais à travers des méridiens dits « merveilleux » qui court-circuitent le flux régulier du Qi.
Cette pérennité de la « connaissance traditionnelle » de l'acupuncture chinoise est due en particulier à un ambassadeur français en Chine, Georges Soulie de Moran (1878-1955), qui compila toute la théorie de l'acupuncture durant son long séjour dans l'Empire du Milieu, et introduira en France ce qu'il considère alors comme une approche thérapeutique bien avant l'essor médiatique que l'acupuncture connaîtra à partir des années soixante/ soixante-dix. Ses ouvrages font toujours référence chez les promoteurs de cette technique.
Le succès de cette technique en Occident nous vient d'une visite de Richard Nixon en chine en 1972, le gouvernement chinois lui fait la démonstration d'opérations avec anesthésie sous acupuncture, cette méthode ancienne ayant été remise au goût du jour pour économiser médicaments et équipements par le gouvernement de Mao Zedong, Richard Nixon ignorait que ces patients étaient préalablement endormis par des moyens classiques. Convaincu par cette méthode, c'est par lui qu'elle se propagea en Occident.
Son succès actuel serait partiellement lié à l'incompréhension d'une partie de la population pour la médecine qualifiée d'« occidentale » fondée sur des effets prouvables, mesurables, ce qui, par manque de pédagogie d'une partie du personnel médical, d'un manque d'explication de la démarche scientifique dans les écoles et de médias ne faisant pas ou peu d'efforts pour compenser cet état de fait peut entraîner une partie de la population à des solutions présentées comme miraculeuses par des gens peu scrupuleux qui cherchent à leur vendre des pratiques prétendument « traditionnelles », « douces » ou « alternatives », l'acupuncture est une des méthodes qui est entourée de cette aura mystique.
Ces mystifications ont pour effet de décrédibiliser le faible intérêt médical de l'acupuncture qui peut avoir des effets relaxants, elle peut être parfois utilisée en complément d'un accompagnement médicalisé pour lutter contre certains problèmes liés aux stress, à la douleur ou à certaines pathologies à dominante psychosomatique.
Description des techniques et principes
Technique héritée de la médecine traditionnelle chinoise qui prétend rétablir l'équilibre physiologique (équilibre entre le yin et le yang, mais également entre l'énergie et le sang), de façon à traiter différentes pathologies. Elle est couramment utilisée en thérapeutique dans tous les hôpitaux chinois pour un large éventail de pathologies douloureuses ou neurologiques, en particulier les séquelles d'accidents vasculaires cérébraux.
L'acupuncture est un des outils thérapeutiques de la Médecine chinoise et non une thérapeutique distincte. Sa pratique répond aux mêmes critères d'analyse de la pathologie et d'établissement d'une thérapeutique que ceux prévalant en pharmacothérapie chinoise traditionnelle. Elle prétend agir sur la partie émergée à la superficie de l'organisme des systèmes fonctionnels internes. C'est cette structure émergée qui est appelée « système des méridiens ». Elle serait, selon ces promoteurs, composée de plusieurs réseaux dont certains recouperaient les trajets des systèmes nerveux et vasculaires.
Les aiguilles sont utilisées, selon l'explication traditionnelle, pour agir sur l'énergie (qi). L'emplacement des points est défini par le trajet des méridiens, souvent situés, selon ses promoteurs, aux carrefours entre les circuits nerveux et circuits sanguins, et par d'autres critères comme la sensibilité d'une zone à la douleur.
Effet physiologique de l'acupuncture
Le concept de méridien est un concept empirique, établi à l'époque où l'on ne connaissait pas ou peu le fonctionnement de l'organisme. Le corps est parcouru de réseaux permettant la distribution des informations (système nerveux) et des produits nécessaires au fonctionnement des cellules (notamment circulation sanguine), la notion de méridien a donc pu être une compréhension intuitive de cette distribution à partir d'organes vitaux.
La cybernétique, dans son explication et sa méthodologie, est la découverte des antiques méthodes chinoises d'étude des flux (Chii) par des variables d'entrée (input) et des variables de sortie (output) pour interpréter les variables d'activité (throughput) sans besoin d'ouvrir la "boite noire", de disséquer des cadavres. C'est la méthode expérimentale "in situ" du vivant dans ses activités vitales en situation. Cette méthode privilégie les interactions et les rétroactions plutôt que les éléments. La science occidentale analytique a fait une découverte tardive de l'information au xxème siecle, une des trois composantes fondamentales avec la matière et l'énergie. Cette "information" (ce qui permet de former ou structurer l'intérieur avec la matière et l'énergie) a lancé la percée spectaculaire de la biologie, dans la génétique et les "neurosciences". Les sciences occidentales ne se préoccupaient que de la matière et l'énergie, d'où, peut-être, le faux sens de "Chii" rendu en "énergie", comme, auparavant, la "flogistique" qui concevait la "chaleur" comme "matière" avant de pouvoir imaginer la notion de "énergie".
la logique chinoise d'une approche écosystémique "globaliste" est aussi absurde pour la logique occidentale d'une approche analytique"élémentariste" que l'algèbre arabe des nombres négatifs pour la géométrie grecque. L'acupuncture, d'autre part, traite des flux et non pas des organes, des interactions et non pas des entités. La pensée chinoise ne s'est pas intéressée à la "structure" où le temps est absent, mais, par contre, elle s'est portée vers la "fonction" des activités et processus dans la flèche du temps du dévelppement et de l'évolution. L'idée de l'entropie thermodynamique est dans la pensée chinoise.
Certaines pressions à travers la peau induisent des actions réflexe, et la palpation à travers la peau fait partie de la démarche diagnostique (par exemple prise du pouls, palpation des ganglions). Il serait donc séduisant de voir l'acupuncture comme une découverte empirique de certains de ces phénomènes.
Mais en raison de la complexité du fonctionnement de l'organisme, l'efficacité d'une méthode ne peut être établie que par des études cliniques, utilisant notamment des méthodes statistiques et la comparaison avec l'effet placebo.
Des études scientifiques récentes réalisées en Allemagne et utilisant la thermographie dermique démontreraient que l'application d'une source de chaleur sur les points d'acupuncture se traduit par une diffusion spécifique privilégiée sur des trajets qui correspondrait aux trajets traditionnellement décrits pour les méridiens, ces études doivent maintenant être analysées par la communauté scientifique avant d'être considérées comme valides. Des études précédemment réalisées avec des traceurs radioactifs n'avaient pas donné de résultat probant, la diffusion était en réalité veineuse et de grosses failles méthodologiques ont été relevées par la suite, de plus cette publication a correspondu à la sortie d'un livre sur l'acupuncture par les auteurs de cette étude.
Une étude allemande de décembre 2004 a tenté d'évaluer l'efficacité de l'acupuncture sur les migraines, domaine pour lequel les traitements médicaux préventifs sont assez décevants. L'étude a porté sur 302 personnes, réparties en trois groupes : un groupe traité par des acupuncteurs, un groupe traité par des non-acupuncteurs mais plantant des aiguilles « au hasard » (placebo), et un groupe témoin non traité. On a constaté une amélioration dans les groupes traités (diminution de la fréquence des migraines de moitié environ par rapport au groupe témoin), mais on n'a pas constaté de différence entre le groupe traité par acupuncture et le groupe traité par placebo.
Problèmes pouvant survenir
L'acupuncture est une technique délicate et dont une mauvaise pratique, comme pour toute intervention médicale ou para-médicale, peut avoir des effets nocifs, par exemple si les aiguilles ne sont pas stériles, inadaptées ou appliqués dans des zones sensibles. Certains praticiens ne recourant pas à la stérilisation (ou utilisant des stérilisations « alternatives » ) peuvent transmettre des infections entre les patients, de la même façon qu'avec des aiguilles de seringues si elles étaient utilisées plusieurs fois ; contre ce problème, en Occident on utilise en général des lots d'aiguilles ne servant que pour un seul patient.
Aspect légal et formation
En France pour pratiquer l'acupuncture il faut réunir deux conditions : Être médecin et avoir obtenu le DIU d'acupuncture (diplôme inter-universitaire d'acupuncture) d'une durée de trois ans. Enseigné (en 2005) au sein de sept facultés de médecine : Aix-Marseille 2, Montpellier 1, Nantes, Paris XIII, Bordeaux 2, Lyon 1, Strasbourg 1. Dans d'autre pays, cette approche thérapeutique bénéficie d'autres modalités de reconnaissance (diplôme d'écoles privées agréées, formation délivrée par un Ordre professionnel,…).
En Chine, il existe un enseignement universitaire d'une durée minimale de 5 années.
Source : Wikipedia.fr
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