La paroi s'épaissit, se charge de dépôts de calcaire, conduisant ainsi à une oblitération plus ou moins importante de la lumière vasculaire. Cette maladie, conséquence d'un désordre majeur du cycle des lipides, est très souvent associée à l'hypertension artérielle, à la sédentarité, à l'intoxication tabagique et au stress. Lorsqu'elle n'intéresse que les segments d'axes coronaires très proches de leur origine, en épargnant leur plus grande longueur, elle peut relever d'une correction chirurgicale.

Un pontage permet de court-circuiter le segment malade, ce qui rend possible et sans contrainte la circulation du sang artériel provenant de l'aorte dans le réseau coronaire. Ce pontage est réalisable avec un conduit prélevé au niveau d'une veine superficielle des membres inférieurs (pontage saphène) ou à l'aide d'une artère proche de la paroi de la cage thoracique (pontage mammaire interne). Dans les deux cas, les modalités d'écoulement du sang dans le conduit réalisé sont comparables et reproduisent celles observées dans une coronaire normale. Cette intervention peut être réalisée au niveau de chacun des trois grands axes vasculaires coronaires: la coronaire droite, qui vascularise la paroi postérieure des deux ventricules, l'interventriculaire antérieure, irriguant la cloison interventriculaire et la paroi antérieure du ventricule gauche, la circonflexe, qui irrigue la paroi gauche du ventricule gauche. Le pontage peut aussi être réalisé sur les branches de division de ces grands axes, les branches diagonales ou les marginales. Le nombre des pontages et leur destination précise varient ainsi pour chaque malade en fonction de la distribution des lésions d'athérosclérose, elles-mêmes caractéristiques de chaque patient.

Le préalable indispensable au développement de cette technique a été la coronarographie, c'est-à-dire la radiographie du réseau coronaire après injection d'un produit de contraste dans le réseau sanguin. Seul cet examen permet d'identifier les malades chez qui le ou les pontages coronaires sont réalisables.

La chirurgie des coronaires comprend également d'autres techniques chirurgicales, plus rarement utilisées. En cas de lésions diffuses, intéressant la majeure partie d'un axe coronaire peu accessible au pontage, il est possible de réaliser une désobstruction des vaisseaux coronaires (endartériectomie) par ablation des dépôts oblitérant la lumière du vaisseau.

Quelle que soit l'intervention réalisée, pontage ou endartériectomie, la petite taille des vaisseaux coronaires impose une chirurgie très méticuleuse, très précise, sous grossissement optique (x 5), avec une instrumentation adaptée et une technique de suture microchirurgicale utilisant des fils très fins (45 microns) et parfaite.

Les excellents résultats de la chirurgie des coronaires obtenus dans la majeure partie des cas — au prix d'un risque opératoire inférieur à 1 % — expliquent l'essor tout à fait considérable de cette intervention. Plus de 400 000 malades sont opérés chaque année, ce qui représente 70 % de la totalité des interventions de chirurgie cardiaque.