Cette perte de fonction plus ou moins transitoire entraîne une hospitalisation, un arrêt de l'activité sociale, professionnelle et de loisir, dont les durées sont d'autant moins acceptables qu'elles sont prolongées. La chirurgie non invasive est une des réponses à cette demande du patient.

Les avancées techniques lui procurent un vaste champ d'applications. D'une part, le développement de systèmes optiques a permis à l'œil de l'opérateur de se glisser dans presque tous les recoins de l'organisme par les voies naturelles ou des abords punctiformes (cicatrice réduite à un point).

D'autre part, la miniaturisation et la qualité de l'instrumentation ont rendu possibles les interventions chirurgicales par ces voies étroites. Leur inconvénient originel fut de restreindre la vision de l'acte au seul opérateur qui maniait le système optique. Les collaborateurs tenaient un rôle d'aide passif et aveugle.

Le progrès technologique a créé des caméras dont le poids et la taille sont réduits et qui supportent les procédures de désinfection indispensables à l'asepsie, souci constant du chirurgien. Les gestes opératoires sont retransmis sur un écran de télévision. L'équipe partage l'information et participe mieux à l'acte, dans l'intérêt du patient: c'est l'avènement de la vidéo-chirurgie.

La route fut bien longue qui aboutit à ce concept. L'histoire de la chirurgie non invasive est liée à celle de l'endoscopie, qui débute avec le Lichtleiter de Bozzini. Il fallut l'éclairage électrique pour parvenir, dans la seconde moitié du XIXe siècle, à ses premiers développements, qui devaient satisfaire cette soif de curiosité, ce désir de voir dans les cavités du corps humain.

Dès 1865, Désormeaux présenta le premier véritable endoscope pour l'exploration du bas appareil urinaire. Pantaleoni s'en servit pour la première hystéroscopie en 1869, et, immédiatement, apparaît la tentation chirurgicale, puisqu'il cautérise au nitrate d'argent une végétation polypeuse.

En 1879, Leitner conçut la première cystoscopie, tandis que la gastroscopie fut réalisée par Mikulicz en 1881. La laparoscopie apparut vers le début du siècle.

Il fallut attendre 1918 pour que Takagi, au Japon, fasse la première arthroscopie du genou avec un cystoscope, en même temps que Birscher, en Suisse, mettait au point sa technique. L'endoscopie opératoire se développa d'abord pour la réalisation de biopsies, puis d'actes de plus en plus complexes. L'évolution fut de plus en plus rapide.