De l'anaphylaxie à l'allergie

En 1902, les Français Charles Robert Richet et Paul Portier, alors qu'ils expérimentaient un venin de méduse pour évaluer sa toxicité, injectèrent à un chien (nommé Neptune) une dose faible de ce poison. Le chien ne fut que légèrement incommodé. Fait du hasard, on reprit ce même chien pour un nouvel essai, effectué à une dose faible, très inférieure à la dose mortelle. À la grande surprise de Richet et de Portier, l'animal mourut en quelques minutes. Les deux scientifiques déduisirent que la première injection avait sensibilisé le chien, d'où le terme créé par ces deux inventeurs pour définir le phénomène: anaphylaxie, c'est-à-dire suppression de la protection. Ils venaient de découvrir le principe fondamental des réactions d'hypersensibilité, ce qui leur valut le prix Nobel de médecine en 1913. Les phénomènes anaphylactiques furent, dès cette époque, extrêmement étudiés. Maurice Arthus a ainsi découvert des phénomènes de même nature que les réactions observées par Richet et Portier, mais beaucoup plus bénins et localisés, qui ont ensuite été groupés sous le nom de phénomènes allergiques.