C’est le cancer dont l’incidence a le plus augmenté ces 25 dernières années avec une augmentation annuelle moyenne de +6,3 % et encore plus marquée entre 2000 et 2005 (+8,5 %). A l’inverse le taux de mortalité décroît régulièrement depuis 1980, en moyenne de -0,9 % par an, cette décroissance atteignant -2,5 % durant la période la plus récente 2000-2005.

La France est désormais un des pays européens où l’incidence du cancer de la prostate est la plus élevée. En 2005, le taux standardisé est 5 fois plus élevé qu’en 1980. La part des cancers de la prostate s’élève à 34 % de tous les cancers chez l’homme en 2005 alors qu’elle était seulement de 11 % en 1980. Cette localisation est responsable dans une large mesure (environ 70 %) de l’augmentation des cancers chez l’homme en France ces 25 dernières années.

L’évolution récente de l’incidence du cancer de la prostate peut-être expliquée pour une grande part par l’évolution des pratiques médicales. Cette augmentation considérable de l’incidence, maximale pour les hommes âgés de 50 à 70 ans, est à rapprocher de l’extension du dosage systématique du PSA (Prostate-Specific Antigen).

Au Danemark, où cette pratique est déconseillée, l’évolution de l’incidence du cancer de la prostate est considérablement moindre. Cette pratique médicale est désormais très largement répandue en France alors même que le bénéfice de sa pratique systématique pour la population générale n’a toujours pas été démontré scientifiquement. La communauté scientifique et médicale est toujours en attente des résultats des essais randomisés en cours.